Les codes de la TORAH

Rab Michael Ber Weissmandl

C'est au Rabbi Michael Ber Weissmandl que l'on doit les premières découvertes sur les codes de la torah.

Né en 1903, originaire de Hongrie, jeune prodige en connaissance du Talmud aussi bien qu'en mathématiques et en astronomie, il devint un chercheur et un expert du déchiffrement de manuscrits anciens. Il étudia en 1931 à la yeshiva (académie talmudique) de Nitra en Slovaquie, la dernière d'Europe continentale qui finit par disparaitre en 1945 du fait de la barbarie nazi.

Encore très jeune, alors qu'il étudiait l'ouvrage d'un sage du 13ème siècle, Rabbenu Bachya, il fut intrigué par une référence à un procédé qui permettait de percer certaines connaissances de la Torah par des séquences de lettres équidistantes.

Certaines méthodes d'exégèse comme la guematria (étude de la valeur numérique des lettres et des mots) ou la temurah (permutations de lettres) étaient connues et enseignées depuis longtemps déjà, cependant, à la lecture de ce manuscrit, Weissmandl eut l'intuition que quelque chose d'encore inconnu restait à découvrir. Il entreprit une recherche laborieuse en copiant manuellement la Torah par rangées de 10 lettres et sans espaces entre les mots. Il devint convaincu que le phénomène était authentique.

Voici ses premières découvertes dans chacun des 5 livres de la torah:

 (N'oubliez pas que l'hébreu se lit de droite a gauche)

Genèse (bereshit): "Au commencement Dieu créa le ciel et la terre"

 

A partir de la première lettre ת (tav) du livre de la Genèse, qui est la finale du mot "BERESHIT" (au commencement), on compte 50 lettres, et on tombe sur la lettre ו vav, encore 50 lettres, on a la lettre ר resh, puis encore 50, et on a la lettre ה hé, formant ainsi les 4 lettres du mot תורה "TORAH".

On voit donc que le mot "TORAH" apparait en code par un saut équidistant de 50 lettres.

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre

Exode (sh'mot) "Voici les noms des fils d'Israël, venus en Égypte avec Jacob" 

 

A partir de la première lettre ת (tav) du livre de l'Exode, qui est la lettre finale du mot "SH'MOT" (noms), on observe exactement le même phénomène, le mot "TORAH" apparait en code par un saut équidistant de 50 lettres.

Comme nous le verrons, le chiffre 50 a une signification particulièrement importante.

Voici les noms des fils d'Israël, venus en Égypte avec Jacob

Lévitique (vayiq'ra) "L'Éternel appela Moïse ; depuis la tente de la Rencontre il lui parla et dit" 

 

Le livre central de la Torah est différent des autres. Ici, a partir de la première lettre י (yod) du texte, que l'on trouve dans le mot "vayk'ra" (appela), dans un saut équidistant de 8 lettres apparait en code les 4 lettres du nom divin יה-וה (YH-VH), que les Juifs ne doivent pas prononcer ni retranscrire pour un usage profane. Il est rendu en français par "L'Eternel".

On remarquera aussi avec attention que le nom de D.ieu en code a une lettre en commun avec le nom de D.ieu יה-וה dans le texte: il s'agit de la lettre ו (vav)

L'Éternel appela Moïse ; depuis la tente de la Rencontre il lui parla et dit

Nombres (bamidbar) "L'Éternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï, dans la tente de la Rencontre, le premier (jour) du second mois, la seconde année après leur sortie d'Égypte"

 

Un phénomène curieux apparait ici. On retrouve le mot "TORAH" par un saut équidistant de 50 lettres, mais cette fois inversé: Le premier ה hé du texte correspond à la dernière lettre du mot "TORAH" en code.

Cette lettre est également le premier ה  du nom de D.ieu (YH-VH: L'Eternel) dans le texte.

L'Éternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï

Deutéronome (d'varim) "Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël, de l'autre côté du Jourdain, dans le désert"

 

Dans le dernier livre de la torah, le phénomène se manifeste encore différemment. Le mot "TORAH" apparait cette fois-ci dans un saut équidistant de 49 lettres, à l'envers comme dans le livre des nombres, et non pas a partir du premier ה  du livre, mais a partir du  ה  de la première mention du mot "TORAH" dans le livre, au verset 5:

"De l'autre côté du Jourdain, dans le pays de Moab, Moïse se mit à expliquer cette loi (torah)"

Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël, de l'autre côté du Jourdain

Si nous récapitulons, en tenant compte de la valeur symbolique des nombres, nous allons voir que ces codes ont un sens précis.

Par commodité, nous résumerons ainsi:

  • Genèse:            TORAH     en code +50
  • Exode:               TORAH     en code +50
  • Lévitique:           YH-VH      en code  +8
  • Nombres:           TORAH     en code -50
  • Deutéronome:    TORAH     en code -49

Nous observons d'emblée qu'il y a une symétrie et un équilibre dans la disposition des codes, avec une petite disparité dans le livre du Deutéronome.

Pour en comprendre le sens, il faut se référer à la tradition rabbinique du "compte du omer", qui prend sa source dans une prescription du livre du Lévitique:

"Depuis le lendemain du Shabbat, du jour où vous apporterez la gerbe qu'on dédiera, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours jusqu'au lendemain du septième Shabbat ; et vous ferez à l'Éternel une offrande nouvelle." (Lévitique 23:15-16)


Le nombre 49 (7x7) correspond aux 7 semaines qui séparent la fête de "Pessah" (Pâques), commémorant la sortie d'Egypte, et la fête de "Shavouot" (Pentecôte) qui correspond au don de la TORAH au mont Sinaï, le 50ème jour.

Pessah correspond à la libération physique nationale d'Israel, tandis que Shavouot correspond à sa libération spirituelle. 

Au lendemain de Pessah, chacun des 49 jours est littéralement compté (supputation du omer) au moment de la prière du soir, qui doit être un temps d'introspection et de purification, jusqu'au 50ème jour qui est le couronnement, dans lequel D.ieu se révèle au travers du don de la Torah.


Sefirate ha’omer (compte du Omer)

Comme nous le verrons plus loin, certains nombres ont une valeur symbolique particulière, mais plus particulièrement:

Le 7 étant symbole divin de perfection, accomplissement et sanctification, correspond au cycle de la semaine, en souvenir de l’œuvre de la création.

Le 49 aux 7 semaines de sanctification entre Pessah’ (Pâques) et Shavouot (Pentecôte)

Le 50 (49+1), jour du don de la Torah, est symbole de libération et révélation.

Le 8, (7+1), est symbole de renouvellement et de connaissance. La fête de Soukot, troisième fête de la Torah, dure 8 jours.

Nous retrouverons l'importance de ces nombres tout au long de l'exposé.